L’ALTO en majesté : Pierre Lenert joue les 24 Caprices de Paganini

Caprices enregistrés sur l'alto de Jean Baptiste Vuillaume de 1865 Comte Cheremetiev

À propos des Caprices

Cet enregistrement des Caprices de Niccolo Paganini  gravés par un alto est une première en Europe depuis l'intégrale effectué par Emanuel Vardi en 1965 chez Epic

 

Ce miracle des caprices est d’être plus que de simples études de virtuosité, mais de véritables petits bijoux, des chefs d’œuvres dans lesquels l’auteur s’est plu à concentrer maintes difficultés techniques, inventées pour provoquer une considérable richesse harmonique tout à fait insoupçonnée. Cette orfèvrerie de musicalité que constitue chacun des Caprices, peut aussi faire penser à des airs du Bel Canto d’opéras italiens tels ceux de Donizetti, Bellini voire Rossini.

 

Paganini n’a pas seulement dépassé, et Oh combien tous ses prédécesseurs, il a simplement inventé et réalisé par lui-même des difficultés jusqu’alors inconnues. Si les aigus représentent pour lui le Paradis en opposition à l’Enfer des graves, on comprend que Franz Schubert ait pu dire de lui qu’il avait entendu jouer un ange, et il est vrai que Paganini a influencé profondément tous les grands musiciens romantiques de son époque comme Schumann, Liszt, Brahms ou Rachmaninov…

 

Paganini était altiste. Ces caprices que nous avons tous dans l’oreille joués par un violon, obligent à une transcendance de la technique de l’alto et rendent nécessaire de rechercher et trouver l’esprit du Bel canto qui anime ces œuvres, plutôt que de proposer une simple transcription littérale.

 

Nous ne pouvons pas en douter : ces Caprices ont ouvert un nouvel univers aux compositeurs et ont permis aux violonistes de prendre de la distance avec leur instrument. Les altistes ont à faire de même : oublier les contingences de l’instrument que Paganini dominait si bien en jouant de son alto de Stradivarius et nous libérer de l’ordinaire pour approcher la vraie beauté.

 

Cet enregistrement est dédié à nos grands anciens, virtuoses précurseurs qui nous ont montré la voie :  Emmanuel  Vardi et William Primrose . Et aussi bien sûr à tous les jeunes altistes qui seront sans doute sensibles et conquis par la musicalité et le côté rebelle de ces œuvres.

 

Pierre Lenert